La maladie de Sachs

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de Martin Winckler
adaptation et mise en scène Simone Audemars

 

 

J'ai découvert La Maladie de Sachs lors de sa sortie en 1998, jour où le roman a reçu le prix Interallié. Très vite je me suis procurée cet ouvrage que j'ai littéralement dévoré. À sa lecture, l'idée m'est rapidement venue que cette oeuvre pouvait trouver un écho sur une scène de théâtre. Son procédé narratif, son sujet, son contenu promettait d'en faire un objet tout à fait passionnant à travailler. D'autres m'ont précédée et c'est tant mieux.

À l’Arsenic, huit comédiens et huit comédiennes professionnels, un pianiste, un chanteur lyrique et une dizaine de figurants ont été conviés à raconter ensemble La Maladie de Sachs. Cette distribution importante, où la diversité des corps, des expériences de vie, des pratiques professionnelles en font toute la richesse, va se mettre au service de la relation complexe qui unit un médecin à ses semblables.

Il y a dans cette relation essentielle et si particulière, quelque chose qui s'apparente à la pratique théâtrale où le comédien, quittant la coulisse entre sur scène, un peu inquiet pour s'exposer, s'abandonner à l'autre, prêt à découvrir à chaque fois, quelque chose sur lui-même, et sur sa relation avec le monde extérieur, les autres, spectateurs de l'autre côté de la rampe. C'est ainsi que m'apparaît également, dans le secret du cabinet médical, le rapport qui unit patient et médecin. Un échange sur un fil où l'imaginaire, la conscience et le non conscient des protagonistes quant à leur propre finitude, se jouent dans un espace-temps ténu et tendu.

Simone Audemars